La question des nains de Portopeka

Portopetaka est un lieu qui n’existe pas. Ce qui rend la question des nains y vivant cruciale. Ça faisait déjà un moment que je me faisais des soucis pour eux. Ils ne devaient pas être très bien là où ils sont. Qui a envie de vivre quelque part où on n’est pas ? Qui peut se sentir bien dans un lieu qui est néant ? Pas moi en tous les cas. Moi j’habite à Paris. Paris existe, même si c’est une ville vide de sens et de raison. Paris est une ville remplie de vide. Une ville qui a besoin de créer du vide et pour ce faire elle doit vider toutes celles et tous ceux qui osent y venir plein d’idées. Paris est une ville très vidant, c’est évidant. Fermons cette Paristhese et acceptons que Paris existe.

Portopetaka cependant n’a même pas la chance des villes qui n’existent que par la vidange. Elle n’a même pas la chance d’être une de ces villes qui ne font que feindre leur existence en créant des gens qui en viennent. Qui par exemple a déjà été à Vélizy ? Vélizy existe seulement parce qu’untel y est né. Une telle a une cousine qui a traversé Véliy quand elle avait onze ans, un sportif de seconde zone y a inauguré un gymnase. À part ça, Vélizy n’existe pas. Mais c’est déjà ça de pris.

Portopetaka n’a même pas cette chance. Personne ne vient de Portopetaka, personne y va, il n’y a aucune infrastructure pour y aller et vous pouvez chercher pendant longtemps avant de trouver un vol aller-retour pour l’aéroport de Portopetaka. Ce qui crée un énorme problème d’accessibilité. Vous me demanderez en quoi une ville non existante a besoin de tourisme ? La question semble justifiée. Moi je ne peux vous répondre qu’en vous disant que c’est à la fois superficiel et hautain de penser ainsi. En quoi le fait de ne pas exister enlève le droit de vouloir se développer ?  Portopetaka, comme n’importe quelle autre métropole, à le droit de vouloir attirer du monde. Le monde a bien sûr le droit de l’ignorer comme il le fait d’ailleurs si bien depuis le jour de sa non-création. Le monde a le droit de lui préférer des lieux plus accessibles comme la ville bien réelle de Stockholm, les pays bien réels qui sont le Maroc ou la Moldavie.

Portopetaka a bien des avantages aussi : la ville est immense et petite à la fois, la cuisine est à la fois copieuse et légère, l’architecture moderne et millénaire et ses nains sont énormes et minuscules et se portent très bien. Si les nains se portent littéralement ou si c’était une manière de décrire leur bien-être n’est pas défini et c’est ça qui est formidable à Portopetaka. On peut être à la fois politiquement correct et outrageux à Portopetaka. On peut à la fois être dehors ou dedans à Portopetaka. On ne sait jamais où on en est. Rien n’est défini et tout est possible. À part le lancer de nain. Cette pratique douteuse (qui a été rendu tristement célèbre par le film Le Loup de Wall Street et qui va à l’encontre de toute valeur humaniste) consiste en un corps de nain qui va à l’encontre du sol grâce à l’ennui d’une personne sans scrupule qui avait envie de lancer quelque chose de consistant une fois dans sa vie. Cette pratique est aussi interdite à Portopetaka. Ce qui ne devrait étonner personne. Si ça avait été permis, je n’y serais pas allé. Mais pas comme je n’y suis pas allé maintenant. Je n’y serais pas allé pour boycotter Portopetaka. Maintenant je n’y vais pas puisque Portopetaka n’existe pas. Ça n’a rien à voir. J’espère avoir été clair.

Le jazz et mon grand-père

Mon grand père et le jazz - Une histoire tremblante

Ce que mon grand-père aimait plus que tout, c’était le jazz. Je le vois encore, debout au milieu de son salon, en chaussettes sur le grand vieux tapis persan, un casque sur les oreilles pour ne pas déranger ma grand-mère. Il ne suivait que la batterie. Jamais les soli. Jamais les cuivres. Il ne bougeait que les épaules, les mains, un tout petit peu les coudes. On n’avait qu’à le regarder et on savait quel morceau il était en train d’écouter pour la énième fois.

Il les adorait tous. Parker, Ellington, Fitzgerald, Armstrong, Holiday, Goodman… Mais il y en avait un, pourtant pas si connu, qui, selon mon grand-père, était au dessus de tous. Il le disait toujours, de plus en plus ses dernières années:

-Rien et personne ne me fera bouger comme Parkinson.

Et il avait raison. De plus en plus, et même sans son casque, mon grand-père, il avait le jazz en lui. Boum-ts, badoum-ts, badoum-ts…

Mourir sous un projecteur

Alors c’est ça, faire une attaque. Un plafond blanc, un rideau. Ce foutu rideau. Je l’aimais beaucoup, ce rideau. J’avais pris du temps à le choisir. Le projecteur. J’ai tellement galéré à le monter, j’ai failli laisser tomber. Projecteur, plafond rideau. L’étagère. Voilà. Quelle fin. Aucune chance qu’on me trouve. On est vendredi soir. Personne va s’inquiéter avant lundi. Et même lundi… Vont-ils envoyer quelqu’un ici juste parce que je ne vienne pas au boulot? Aucune importance, de toute façon. Pourvu que ça se termine vite. Ne devrais-je pas voir ma vie défiler, normalement? C’est pas comme ça, normalement? Je vais pas regarder ce plafond jusqu’au bout, quand même? Voyons voir si je ferme les yeux. Qu’est ce que je vois? Rien? Il y a quelque chose là-bas. Voyons voir. Juliette? Juliette, biens sur. Ah non, pas comme ça Juliette. Je veux voir que les beaux moments. Montre-moi que les beaux moments. Ça ne marche pas. Voyons autre chose. Papa! Oh papa, ça fait plaisir de te voir! Tu me manques. Et maman! Tu es là, toi aussi! Toujours en retrait. Mais mets toi en avant! Mais non, Maman! Sois pas timide, c’est moi! Ah Lucien, Bastien, vous êtes là aussi? Ça va? La famille, le chômage? Tout baigne? Oh ça va, je te charrie. Regarde, finalement c’est moi qui part le premier! Qui aurait cru? Moi, le sportif, le soigneux, celui qui boit peu, celui qui n’a jamais fumé. Voilà. Me voilà bien avancé. Que voulez vous ma petite dame, on se refait pas. Fanny? Alors ça, ça fait vraiment longtemps. Tu crois qu’on peut encore faire l’amour avant que je parte? Juste dans ma tête. Tu pars déjà? Mais je voulais vraiment, Fanny! Je pouvais pas à l’époque! À cause, à cause, j’étais… ne pars pas! J’étais trop con, c’est tout. Trop con. Comme avec toi, Juliette. Lucie, Camille, Lisbeth, Francesca. Ca ne m’a pas arrangé, comme vous voyez. Toujours en partance, toujours en mouvement. C’est peut-être pour ça, l’attaque? Trop agité, trop pressé. J’étais toujours en retard. Pour tout. Là, pour une fois je suis en avance. Ou suis-je en retard? Est-ce que j’étais censé partir plus tôt? Putain, je vais rater mon RDV de prod mardi! Eh toi, dieu, faiseur, univers, le responsable d’attaque, on peut remettre ça à mercredi? J’ai encore des trucs à faire. Deux trucs à régler. Un film à lancer. Voir Juliette. M’excuser. Appeler Fanny. Embrasser ma mère. Voir des gens. Faire les enfants que je n’ai jamais eu! Donne-moi une journée! Aie! Pas la peine, j’ai compris. C’est fait. Voilà tout. J’aurais essayé. C’est donc ça ma vie. Ça s’arrête là. Ok, pas grave. Je me plie à votre volonté. Ce qui est fait, est fait. Le reste… Ce sera aux autres. Même pas quarante ans. Au moins il y aura du monde à mon enterrement. Même ma mère… Non! Franchement, ça ne se fait pas! Laisse moi un peu de temps de la préparer à ça au moins! Pas pour moi, pour elle. Ma mère ça va la tuer, de m’enterrer! S’il te plait. … Aie. C’est bon, c’est bon, j’ai compris. On ne négocie pas avec la mort. Allez, je suis prêt. Envoie-le défilé de ma vie! Les regrets, les bons moments, les douleurs, envoie-tout! Je suis prêt. (Pause) Rien? Mais sérieux, on attend quoi là? Je vais quand même pas rester face à ce plafond de merde, ce projo de merde, ce rideau à la con pendant des heures. S’il te plait, pas ça! On peut pas accélérer le processus? Pourquoi je ne perds pas conscience, par exemple? Pourquoi pas de tunnel avec lumière au bout? Un petit best of de ma vie? Allez, un peu d’animation, un peu de mouvement. Ah, c’est ça. Je comprends. C’est pour me punir. Pour me montrer que j’aurais du m’arrêter plus souvent. Que j’aurais du faire des pauses. Pigé. Ok. Je comprends. Je suis puni. Je reste comme ça jusqu’à ce que vous décidez que j’ai compris la leçon. Super. (Pause) Mais sérieux, à quoi bon? Ça sert à quoi? Je vais mourir de toute façon, ça sert à quoi de me donner une leçon maintenant? Il n’y a pas d’au-delà, non? Pas de réincarnation? Vous répondez pas? Bien joué. J’ai compris. Je suis tout seul. Bien fait pour moi. Puni. Méchant. Dans le coin. Entendu. Ben, je vais m’amuser tout seul. Non pardon, pas m’amuser. Mourir. Tout seul dans mon coin. Comme un grand. En paix. Peut-être pas en paix, mais calmement. Comme un grand gars qui a compris sa leçon. Mais entre nous, il y a bien un au-delà? Une réincarnation? Parce que moi, ça ne m’arrange vraiment pas. Moi, j’ai donné, moi. J’ai pris aussi, probablement plus que ce que j’ai donné, mais quand même. Si c’est fait, je veux bien que ce soit fait pour de bon. Aucune envie de devenir ver de terre ou regarder les autres baiser pendant que je suis assis dans les nuages. Mais c’est une image! Je sais bien que ça doit se passer autrement en vrai, qu’on n’est pas assis sur des nuages, qu’on peut être réincarné en tant que chili con réincarné, qu’il y a beaucoup de paperasse surement, que c’est pas si simple, j’entends tout ça, mais si vous vouliez bien cocher la case « ne souhaite pas être réincarné » ça m’arrangerait énormément. Brûlez-moi, faites du charbon, faites rouler des voitures avec ce qui reste de moi, même des chars, j’en ai rien à faire, je suis pas moraliste moi, ce ne serait plus mon affaire. (Pause) Mais enlevez-moi ce plafond blanc, svp, c’est agaçant à la fin. Mettez-moi un film. Un souvenir. Je veux un souvenir! (On le voit à 4 ans qui se fait dessus) Mais pas ça, un truc bien! (On le voit, en train de faire l’amour à une femme) Mais pas ça, c’était la cause de mon divorce! Mais il marche vraiment pas bien, ce cerveau! Tu m’étonnes que je fasse des attaques avec une machine comme ça. Bon, quoi, maintenant? Ça y est, c’est fini? Le tunnel? La lumière? Même pas? Juste un fondu au noir à la con! Vous êtes vraiment des crevards! C’est quoi ce budget de merde pour une fin de merde? Qui a écrit cette fin? Allez, envoyez la sauce là, mettez-y un peu d’enthousiasme, une pancarte, des confettis, un… Non! Noooooon!

Mourir sous un projecteur

Alors c’est ça, faire une attaque. Un plafond blanc, un rideau. Ce foutu rideau. Je l’aimais beaucoup, ce rideau. J’avais pris du temps à le choisir. Le projecteur. J’ai tellement galéré à le monter, j’ai failli laisser tomber. Projecteur, plafond rideau. L’étagère. Voilà. Quelle fin. Aucune chance qu’on me trouve. On est vendredi soir. Personne va s’inquiéter avant lundi. Et même lundi… Vont-ils envoyer quelqu’un ici juste parce que je ne vienne pas au boulot? Aucune importance, de toute façon. Pourvu que ça se termine vite. Ne devrais-je pas voir ma vie défiler, normalement? C’est pas comme ça, normalement? Je vais pas regarder ce plafond jusqu’au bout, quand même? Voyons voir si je ferme les yeux. Qu’est ce que je vois? Rien? Il y a quelque chose là-bas. Voyons voir. Juliette? Juliette, biens sur. Ah non, pas comme ça Juliette. Je veux voir que les beaux moments. Montre-moi que les beaux moments. Ça ne marche pas. Voyons autre chose. Papa! Oh papa, ça fait plaisir de te voir! Tu me manques. Et maman! Tu es là, toi aussi! Toujours en retrait. Mais mets toi en avant! Mais non, Maman! Sois pas timide, c’est moi! Ah Lucien, Bastien, vous êtes là aussi? Ça va? La famille, le chômage? Tout baigne? Oh ça va, je te charrie. Regarde, finalement c’est moi qui part le premier! Qui aurait cru? Moi, le sportif, le soigneux, celui qui boit peu, celui qui n’a jamais fumé. Voilà. Me voilà bien avancé. Que voulez vous ma petite dame, on se refait pas. Fanny? Alors ça, ça fait vraiment longtemps. Tu crois qu’on peut encore faire l’amour avant que je parte? Juste dans ma tête. Tu pars déjà? Mais je voulais vraiment, Fanny! Je pouvais pas à l’époque! À cause, à cause, j’étais… ne pars pas! J’étais trop con, c’est tout. Trop con. Comme avec toi, Juliette. Lucie, Camille, Lisbeth, Francesca. Ca ne m’a pas arrangé, comme vous voyez. Toujours en partance, toujours en mouvement. C’est peut-être pour ça, l’attaque? Trop agité, trop pressé. J’étais toujours en retard. Pour tout. Là, pour une fois je suis en avance. Ou suis-je en retard? Est-ce que j’étais censé partir plus tôt? Putain, je vais rater mon RDV de prod mardi! Eh toi, dieu, faiseur, univers, le responsable d’attaque, on peut remettre ça à mercredi? J’ai encore des trucs à faire. Deux trucs à régler. Un film à lancer. Voir Juliette. M’excuser. Appeler Fanny. Embrasser ma mère. Voir des gens. Faire les enfants que je n’ai jamais eu! Donne-moi une journée! Aie! Pas la peine, j’ai compris. C’est fait. Voilà tout. J’aurais essayé. C’est donc ça ma vie. Ça s’arrête là. Ok, pas grave. Je me plie à votre volonté. Ce qui est fait, est fait. Le reste… Ce sera aux autres. Même pas quarante ans. Au moins il y aura du monde à mon enterrement. Même ma mère… Non! Franchement, ça ne se fait pas! Laisse moi un peu de temps de la préparer à ça au moins! Pas pour moi, pour elle. Ma mère ça va la tuer, de m’enterrer! S’il te plait. … Aie. C’est bon, c’est bon, j’ai compris. On ne négocie pas avec la mort. Allez, je suis prêt. Envoie-le défilé de ma vie! Les regrets, les bons moments, les douleurs, envoie-tout! Je suis prêt. (Pause) Rien? Mais sérieux, on attend quoi là? Je vais quand même pas rester face à ce plafond de merde, ce projo de merde, ce rideau à la con pendant des heures. S’il te plait, pas ça! On peut pas accélérer le processus? Pourquoi je ne perds pas conscience, par exemple? Pourquoi pas de tunnel avec lumière au bout? Un petit best of de ma vie? Allez, un peu d’animation, un peu de mouvement. Ah, c’est ça. Je comprends. C’est pour me punir. Pour me montrer que j’aurais du m’arrêter plus souvent. Que j’aurais du faire des pauses. Pigé. Ok. Je comprends. Je suis puni. Je reste comme ça jusqu’à ce que vous décidez que j’ai compris la leçon. Super. (Pause) Mais sérieux, à quoi bon? Ça sert à quoi? Je vais mourir de toute façon, ça sert à quoi de me donner une leçon maintenant? Il n’y a pas d’au-delà, non? Pas de réincarnation? Vous répondez pas? Bien joué. J’ai compris. Je suis tout seul. Bien fait pour moi. Puni. Méchant. Dans le coin. Entendu. Ben, je vais m’amuser tout seul. Non pardon, pas m’amuser. Mourir. Tout seul dans mon coin. Comme un grand. En paix. Peut-être pas en paix, mais calmement. Comme un grand gars qui a compris sa leçon. Mais entre nous, il y a bien un au-delà? Une réincarnation? Parce que moi, ça ne m’arrange vraiment pas. Moi, j’ai donné, moi. J’ai pris aussi, probablement plus que ce que j’ai donné, mais quand même. Si c’est fait, je veux bien que ce soit fait pour de bon. Aucune envie de devenir ver de terre ou regarder les autres baiser pendant que je suis assis dans les nuages. Mais c’est une image! Je sais bien que ça doit se passer autrement en vrai, qu’on n’est pas assis sur des nuages, qu’on peut être réincarné en tant que chili con réincarné, qu’il y a beaucoup de paperasse surement, que c’est pas si simple, j’entends tout ça, mais si vous vouliez bien cocher la case « ne souhaite pas être réincarné » ça m’arrangerait énormément. Brûlez-moi, faites du charbon, faites rouler des voitures avec ce qui reste de moi, même des chars, j’en ai rien à faire, je suis pas moraliste moi, ce ne serait plus mon affaire. (Pause) Mais enlevez-moi ce plafond blanc, svp, c’est agaçant à la fin. Mettez-moi un film. Un souvenir. Je veux un souvenir! (On le voit à 4 ans qui se fait dessus) Mais pas ça, un truc bien! (On le voit, en train de faire l’amour à une femme) Mais pas ça, c’était la cause de mon divorce! Mais il marche vraiment pas bien, ce cerveau! Tu m’étonnes que je fasse des attaques avec une machine comme ça. Bon, quoi, maintenant? Ça y est, c’est fini? Le tunnel? La lumière? Même pas? Juste un fondu au noir à la con! Vous êtes vraiment des crevards! C’est quoi ce budget de merde pour une fin de merde? Qui a écrit cette fin? Allez, envoyez la sauce là, mettez-y un peu d’enthousiasme, une pancarte, des confettis, un… Non! Noooooon!

Si je pouvais tout faire…

Si je pouvais tout faire. Je n’en aurais rien à faire. C’est la limite qui pousse à la dépasser. Sans la limite, pas de dépassement. Si on ne dépasse pas, comment savoir qu’on s’est dépassé, qu’on a franchi une étape? Sans étapes, comment savoir qu’on a frappé fort? On ne sait pas. Si je pouvais tout faire, je resterai de marbre. Je ne bougerai point. D’un iota. De deux iota une, de deux choses j’en ferai aucune. Je ne suis pas né pour tout faire, je suis né pour dépasser. Je suis né sur la voie de gauche, la voie du dépassement, celle du dépaysement qui n’a pas le temps de voir le paysage défiler. Le temps a filé depuis, le temps file en aiguilles et ailleurs. Si je pouvais tout faire je n’en ferai rien. Je ne suis pas fou. Je suis dans l’effort. Dans la force. La faiblesse. L’opposition des possibles et des impossibles. Si je pouvais tout faire je m’opposerais à rien. Autant me poser, me re-poser. Voilà ce que je ferai, en vrai. Je me poserai. Puis je me re-poserai. Et me poserai encore. Pour jamais arrêter de me poser. Je prendrai la pause. La pose du pauseur. Celui qui pose en pauseur. Je créerai des pauses. Puis je récréerai ces pauses, je ferai des récréations des récréations. Je copierai moi-même en train de poser des pauses. Je ne bougerai qu’un doigt pour appuyer sur copie. Copie à l’infini? Des exemplaires infinis d’une pause créé avec rien. Pour rien. L’ultime pause. Cette pause sera autant plus exp(l)ausive qu’elle n’impose rien. Pas d’activité avant, pas de frénésie après. La pause ultime. Sans début, ni fin, créé dans le vide, entourée de rien, une pose sans forme, informelle en quelque sorte, la pause de toutes les pauses, la pause impausible.
Ce serait beaucoup de travail quand même. Peut-être que je n’en ferai rien. Faire quelque chose semble toujours moins fatiguant que ne rien faire du tout. Il faut un certain perfectionnisme de pauseur pour créer la pause parfaite. Je n’en ferai rien. Je pose quand je pose, mais je ne vais pas m’imposer la pause quand même! Des fois je vais bosser au lieu de poser.

Là, par exemple: Au boulot!

FAQ la vie!

Manuel pour la vie. Emmanuelle pour la petite mort.

Je suis en train d’écrire une FAQ (Foire aux questions) sur la vie. J’ai déjà les questions.
Est-ce qu’on peut tromper un éléphant de gauche en Inde quand la droite est au pouvoir en Amérique Latine?
Pourquoi il n’y a pas de patinoire au pole emploi?
Pourquoi il n’y pas de pilote pingouin à Orly Ouest?
Pourquoi elle ne m’aime pas?
Que faire quand on est moche et ambidextre?
Comment séduire une jeune veuve aux gros seins?
Comment faire son coming out quand on est exhibitionniste timide?
Comment faire comprendre à ses enfants qu’ils sont nuls?
Comment se faire licencier quand on est trop feignant pour insulter son patron?
Comment rater son frottis vaginal quand on est de sexe masculin?
Comment profiter d’un moment de solitude quand on est jumeau siamois?
Comment devenir cynique et désabusé en 90 échecs?
Peut-on faire de l’auto-stop quand on a le pouce vert?
Comment réussir son jardin quand on est matelot de sous-marin?
Comment rougit-on sans gène?
Comment changer une roue sur une auto-route à trois heures du mat en sortant de boite de nuit à Vladivostok à -30° et entouré par une meute de loups?
Pourquoi Jesus n’aime pas les athéistes?
Peuvent dieu et les pets coexister?
Être pédophile précoce, Wunderkind ou pas?
Comment devenir une star has been et sur-droguée quand on est jeune, talentueux et inconnu?
Comment faire d’omltt sans caser des e?
Comment être acteur de son changement même en dehors des cabines d’essayage?
Comment réussir ce passage difficile de 0,5 à 0% de grasse mat?
« Moi je suis con, et toi? » Comment fait-on pour se disputer avec un connard honnête?
Si j’étais riche, beau et intelligent, est ce que je serai plus heureux que Martine Aubry?
Comment réussir son suicide quand on est trop heureux?
Comment convaincre son banquier que ce n’est pas une arme factice?
Comment réussir sa vie de braqueur sans se focaliser sur l’argent?
Comment avoir un physique de plage quand on est en phase terminale?
Comment faire pour ne pas perdre la tête et rester focalisé malgré le stress de sa décapitation?
Comment devenir rentier en dix ans tout en restant communiste?
Comment réussir son bac quand on est président des états-unis?
« La nulture est culle! » Comment réussir à provoquer quand on est dyslexique?
Que faire quand ma pastèque fume après l’amour?
Si je devenais maitre nageur au Sahara, est-ce que j’aurais enfin mon job de rêve ou est-ce que je serais juste un con avec un sifflet et une bouée au milieu d’un tas de merde?
Comment se remettre à jour quand on est un pharaon récemment ressuscité?
Comment savoir quelles questions sont importantes?

Ceci est une photo du soleil au dessus de la mer pris de la terre.
Fait: Le soleil se couche tous les soirs et se lève tous les matins.

Sur la sexualité du tourniquet

Un tourniquet du métro parisien

Le tourniquet commun, trouvé le plus souvent en accès des stations de transport urbain souterrain, dit « métro » (de l’expression « métreaubouleaudodeau » en français ancien) n’a toujours pas révélé le secret de sa sexualité. Lors des recherches récentes et après des mois d’observation dans son milieu naturel, les scientifiques de l’institut Charles Darwin n’ont pas pu noter une préférence du tourniquet pour un groupe spécifique de passagers, qu’il soit défini par l’age, le sexe ou le gout vestimentaire des personnes observés.

La questions demeure importante, car le tourniquet nous touche. Beaucoup. 4,1 millions de fois par jour à Paris seulement. Quand on y pense… Ça donne envie de s’acheter un scooteur. Mais commençons par le début du commencement.

Qu’est ce qu’un tourniquet?

La sexualité du tourniquet
Une barre imposante.

En apparence, le tourniquet ne semble être qu’un objet. Inanimé. Et par sa nature, il pourrait bien sûr être détourné par des esprits malsains comme objet sexuel, mais n’ayant aucune volonté, aucun espoir de pouvoir se reproduire, il n’aurait pas de sexualité. (Un peu comme mon oncle Bernard.) Mais en regardant de plus près on se rend compte que le tourniquet n’est pas un objet inanimé. Tout d’abord: Il tourne. Chaque tour du tourniquet peut donc être considéré comme une sorte de mini-tournante. Et par le fait qu’il y ait des millions de colonies de bactéries qui l’habitent, un tourniquet n’est pas un objet sans vie. Le tourniquet est vivant, ce ne serait que par la vie qui l’habite. Mais prétendons un instant que le tourniquet ne serait qu’un simple objet. Animé, certes, mais un objet. Il resterait quand même un objet créé par l’homme, qui est un mammifère, donc un être sexué, comme il l’a d’ailleurs maintes fois prouvé par le passé.

Et cet être sexué qui est l’homme a choisi, pour empêcher l’accès direct au lieu du plaisir qui est le métro, en lieu de ceinture de chasteté en quelque sorte, un trident à trois tiges. Cet homme aurait pu trouver d’autres méthodes de contrôle d’accès. D’ailleurs, des pays ou la vie quotidienne est moins sexualisé qu’en France l’ont fait, nos voisins allemands par exemple, dans leur manque de sensualité et de pudeur sont allés jusqu’à donner libre accès à tous les voyageurs de leur « U-Bahn », le métro allemand.

Dans les grandes villes allemandes, aucun barrage physique n’empêche les voyageurs d’entrer et sortir à répétition. De là à dire que les allemand(e)s sont faciles, il n’y a qu’un pas que l’auteur ne franchira pas. À Paris on a préféré imposer à chaque voyageur trois énormes barres phalliques, un trident à faire pâlir tous les vendeurs de godemichets de la place Pigalle. Et tout ça pourquoi? Pour vous obliger à soit « faire glisser le ticket dans la fonte puis toucher la barre » ou soit: « sauter ». Et comme vous l’avez probablement remarqué, ici le langage est révélateur.

La symbolique est évidente. Vous devez caresser, effleurer de votre corps au moins un membre de la sainte trinité du tourniquet avant de recevoir la pleine affluence des autres passagers, pratiquer le toucher léger du métal bandé avant l’odeur et le contact total de la rame bondée. D’ailleurs, à qui ce n’est pas arrivé de toucher la tige des portails de la station La Bourse (Ligne 3), Saint Supplice (Ligne 4), Quai de la Rapée (Ligne 5), Filles du Calvaire (Ligne 8), Rue de La Pompe (Ligne 9) ou encore Rue des Boulets (Ligne 9 aussi) et de se dire: « Non, pas aujourd’hui. J’ai pas envie. J’ai un peu mal à la tête, je le sens pas, j’y vais à pied ou si jamais, je m’en vais enfourcher un Vélib. » À l’opposé, à Porte Dorée (Ligne 8), Liberté, Duroc (Ligne 10 et 13) ou Plaisance (Ligne 13) on entre dans le métro avec douceur et en s’attendant à un voyage excitant.

Le passage à l’acte et ceux qui l’évitent

Un voyager anonyme passe à l'acte
Un voyager anonyme passe à l’acte.

Pour essayer de mieux cerner ce moment initiateur crucial de chaque trajet de métro, aller au fond, au bout du tunnel en quelque sorte, prenons un instant pour considérer le cas atypiques: Les gens qui sautent le tourniquet et ceux qui veulent partager ce rite de passage en passant collé contre le voyager devant eux.

Tout d’abord les sauteurs: Deux hypothèses opposées sont envisageables. Le sauteur pourrait tout simplement avoir envie de « sauter » des étapes, accélérer l’entrée en la matière sans passer par les conventions établies. Vous remarquerez que les sauteurs sont presque exclusivement des hommes jeunes, qui ont d’ailleurs la réputation d’être moins enclins aux préliminaires que le reste de la population. Donc quoi de plus logique qu’ils « sautent » aussi l’entrée du métro?

L’autre hypothèse, qui s’applique probablement surtout aux hommes hétérosexuels et les homosexuels refoulés, ce serait que la peur du contact physique, la peur de l’homme devant un sexe masculin qui n’est pas le sien (soit-il en métal et purement symbolique), l’oblige à s’en éloigner, à le dépasser, pour soit ne pas passer pour quelqu’un qui « aimerait ça » et aurait des affinités pas approuvés par le Général de Gaulle, ou, soit, se trouver en concurrence direct avec un sexe plus imposant que le sien. Le fait de sauter ne serait donc pas un acte positif, mais un acte de négation suite à un refoulement, voire une inhibition.

Sauter ou toucher? Pas qu'une question de goût.
Sauter ou toucher? Pas qu’une question de goût.

Passons maintenant aux frotteurs (à ne pas confondre avec les « frotteurs des rames » qui sont des pervers de base classiques). Les frotteurs-fraudeurs du tourniquet sont des êtres qui sous couvert de fraude ou de vol de portemonnaie aiment toucher les gens par derrière qui eux, sont en train de toucher des barres par devant. Ici l’action en lui-même est déjà assez explicite pour ne plus nécessiter de plus amples explications. On se trouve dans un ménage à trois forcé d’une durée de quelques secondes. L’auteur de cet article (qui est de sexe masculin) n’a eu personnellement affaire qu’à des ménages entre hommes, qui, car non consentis, avaient tendance à être plutôt non satisfaisantes et ce sont terminés des fois par des vols de portefeuille sans même un simple échange de numéro de téléphone. Que voulez-vous ma ptite dame, la politesse et le savoir-vivre se perdent.

Il est temps de conclure
Et si le tourniquet n’était rien d’autre qu’un petit travailleur du sexe? On pourrait envisager la hypothèse que le tourniquet, arrivant en amont de l’acte véritable (l’entrée dans le tunnel), et n’étant qu’une sorte d’entrée dans la matière d’un acte plus intime, n’aurait en effet pas de sexualité propre mais s’adapterait à tout et à chacun en fonction de ses envies et des ses besoins. Le guichet servant d’aguicheur, le tourniquet servirait d’échauffement, de passeur dans la mécanique bien rodée d’un acte qui le dépasse.

Avec le plaisir malsain de savoir que vous n’aller plus jamais pouvoir passer un simple tourniquet de la même façon, je vous laisse en vous disant: Bon métro! Et n’oubliez pas: 4,1 millions de caresses par jour.

Si Freud nous a appris une chose, c'est qu'il faut se méfier de la psychanalyse, pardon, si Freud nous a appris deux choses, c'est d'une, qu'il faut se méfier de la Psychanalyse et de deux, que tout objet est un objet sexuel si on est assez aventureux. Ou obsédé. Ou les deux.
Si Freud nous a appris une chose, c’est qu’il faut se méfier de la psychanalyse, pardon, si Freud nous a appris deux choses, c’est d’une, qu’il faut se méfier de la Psychanalyse et de deux, que tout objet est un objet sexuel si on est assez aventureux. Ou obsédé. Ou les deux.

Pourquoi les ours blancs dansent-ils la samba quand personne ne regarde?

Question bête. Les ours blancs ne dansent pas la samba, bien sûr. Les ours blancs dansent le frevo. La confusion est compréhensible, puisque personne ne les a jamais vus danser ni l’un ni l’autre. Les ours polaires ne sont pas assez agiles pour la samba, alors que le frevo, c’est fastoche. C’est l’arrière-grand-père­ de Fred (oui LE Fred, le célèbre ours-patineur au poil soyeux qui a fait vibrer la Sibérie avec ses twists endiablés sur crème fouettée dans les années soixante) qui a importé le frevo au pôle Nord après un séjour à Pernambuco au Brésil. Maître Bonjovi, comme ses confrères l’appelaient, revenait du pôle Sud après s’être rendu compte que les ours polaires n’y vivaient pas.

Le Frevo sur Wikipedia

Je ne parle pas d’ours polaires dans mon spectacle qui revient pour six dates exceptionnelles à partir du 16 janvier 2015 à Paris.

Message de pays internationale, par Sacha Sychëv

Bonjour,

Je m’appelle Sacha et ça ça c’est ma premier message personnalisé.

Aujourdhui je fais la message pour faire le avertissement. Pour la pays dans le monde.
Suis occupé, préoccupé par situation à coté chez moi. Moi menja je suis né à Bryansk en Roussia.
La distance international entre le pays rossija et ukrainja est 100et50 kilometres. C’est maximumal huit heures de wature ou dix heures marche rapid à les travers des champs de agriculture paysanne. Je connais bien ukrainia. Je, menja, suis rousse et tres fier pour être rousse. Mais ukrainia bien comme ça!
Roussia aussi bien comme ça!

Moi je connait pas bien politik et diplomatik. Les gens in internet ecrivent que roussia la faut pour guerre ukrainia. Mais nous vouloire pays comme vous. Comme toi, moi, lui, macha, piotr, tous, nous, pays. Pas la guerre, non non non.

Maintenant il est plus calme, le moins de bruit de char, mais à bryansk nous toujous peur peur peur pour que guerre va éclater comme pneu sur autorout polonaise (J’ai fait la petite blague pour le rire, mais Polska aussi bien comme ça!). Déjà moi, suis né, même jour, rappel, même jour, presque moment instantanément exact que central nucleair czernobil boum explosivianja, et donc, moi petit, vie difficile, difficile, difficile. apres plus grave: Communism kaputt, soviet fini fini fin, puis capitalisme nous doit apprendre expres, très beaucoup rapide, rapide, rapide, puis calme un peu, mais argent toujours peu, très beaucoup peu.

Et guerre? Non. Nous pas vouloir. Ukraina bien comme ça, ukrainia gouvernement bordel mais gouvernement toujours bordel partout sauf rossija because rossija putin et putin… Je ne peu l’écrire pour que internet ce nait pas intimiste… Putin comme ci comme ça!

Merci les gens, le pays avant tout! Peace and love moi aimer amerikanskij musique, beatles et michael jackson et lui dire black or white it doesnt matter! Je sais pas qui black, qui white, mais rossija bien comme ça, ukrainia bien comme ça, amis forever. J’ai espoir dans hope pour futur qui vient de l’avenir!

Merci avoir lus mon message de pays, au revoir les gens.